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Mon Mea Culpa ou Revient-on vraiment d’Haïti?

Contexte de Marion: Tentative d’écriture #221, plus d’un mois après notre retour d’Haïti. Après-midi d’un printemps tardif (oui tout le monde en parle sur Facebook), latte décaf à la main (du lait de soya ayant remplacé le Crémas cette fois-ci), pas de musique, assise sur le coin de Léopold. L’heure est grave. Bref pu certaine de savoir écrire et ni surtout comment raconter le récit des (més)aventures de #2fillesauKanaval en Haïti. Le silence est étrange, tout comme celui entendu la première nuit à notre retour au bercail ottawaien ou montréalais, après avoir passé la plupart de nos nuits à s’endormir avec les bruits de la ferme à Mathurin version haïtienne.

Contexte de Marisse: Mon bureau de travail est aussi plein et désordonné que ma tête.  Même si j’avais 10 ans pour mettre sur papier nos aventures, ça serait encore insuffisant: trop de nuances, de contradictions, de non-dits, de petits moments dénués de sens lorsque pris hors contexte. Dans ma tête ça se bouscule, ça bouge et ça crie – tout comme sur la route de l’Aéroport à notre arrivée en Haïti. Mais puisque je n’ai pas 10 ans pour le faire (la période du désir ayant visiblement une date d’expiration), alors je prendrai 1 heure, sans soleil, sans chaleur, sans ma complice, pour faire le récit de #2fillesauKanaval.

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Mijoté Haïtien
Depuis, #2fillesauKanaval essaie donc – clairement sans grand succès – de mettre nos idées, nos souvenirs et nos photos en ordre. Certains d’entre vous le savez déjà, vous en avez lu/entendu des brides, disons que nous avons vécu un concentré – avec de nombreux cubes Maggie – de péripéties à l’Haïtienne. Avant d’entrer dans le vif du sujet et de vous énumérer la liste des trucs à ne pas faire lors d’un voyage en Haïti, je veux d’abord m’excuser & faire mon Mea Culpa à Toi (à insérer ton nom si tu te reconnais) qui attendais les détails croustillants du séjour de #2fillesauKanaval, et à qui nous les avions promis depuis belle lurette. Je suis bien consciente que cette période du désir a été beaucoup plus longue qu’à l’habitude, même avec la pression d’Alex. 😉 #2fillesauKanaval n’arrive tout simplement pas à revenir!  Voilà c’est dit. L’éléphant – ou le cabrit – a quitté la pièce.

À qui la faute?
Selon Marion: Pour ça, perso, je vais blâmer un peu le dude qui a volé mon iPhone en plein parcours du Kanaval (oui oui maman, j’avais fait attention et mis en pratique presque toutes les techniques anti-pickpockets mais…). Mettons que ça l’a gâché la planif et le Party #2fillesauKanaval au Kanaval un tantinet. Mais comme un grand sage me répète sans cesse: il n’y a jamais rien qui arrive pour rien… Vous verrez bien en lisant la suite de nos (més)aventures!
Selon Marisse: J’ai le mauvais réflexe de croire que jamais rien n’est de ma faute. Je persiste et je signe! (lol)

Donc, “Les choses – À ne pas faire lors d’un voyage en Haïti”. La liste de #2fillesauKanaval aurait pu être ben ben longue mais voici le Palmarès – version censurée (car faudrait pas oublier qu’on veut avant tout promouvoir Haïti et ses richesses ici! 😉 ) (Avertissement au Lecteur: à lire et à prendre avec un grain de sel… ou deux pas plus.)

1. S’appuyer trop confortablement sur sa planification. Mesi FaceTime pour ces réunions de planification pré-départ Mesi!
2. N’avoir qu’un seul plan B. Sans un plan L, #2fillesauKanaval n’aurait pas passé une journée à se prélasser dans le décor paradisiaque de Labadie. 2h15 de pur bonheur bien mérité avec en prime une invitation pour la Jamaïque pour un #2fillesauResortJamaicain.

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3. Prendre une décision en souliers à talons. Ou en jupe trop courte.
4. Ne pas faire confiance aux gens. Ou trop faire confiance.
5. Trop faire confiance aux gens. Ou ne pas faire confiance aux gens.
6. Sous-estimer les moyens de transport disponibles. Du camion de livraison de poissons ou cabrit, à signaler l’autobus sur la route nationale traversant les Gonaïves, en passant par 5 taxi-motos pour trimbaler les valises, ou encore à bord d’un petit avion 12 places, TOUTES les options sont à considérer.

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7. Ne pas se fier aux apparences pour un dodo chez l’Habitant…
8. Sortir danser à deux lorsque vous êtes deux filles. #2fillesauKanaval a essayé en vain. 4 tentatives  à Pétion-Ville échouées.
9. Écouter et danser les mêmes chansons sur repeat excessivement. #2fillesauKanaval a souffert d’une meringuite aigue sévère.
10. Croire que les dollars américains peuvent vous sauver de tout.
11. Essayer de payer avec des dollars haïtiens.
12. Réfléchir trop longuement à la réputation de l’endroit où vous vous trouvez. Carpe diem! Just live and enjoy the moment!  Et ce, même à Cité-Soleil en taxi-moto (Ne jugez pas…c’était la partie pèlerinage de #2fillesauKanaval)
13. Écouter toutes les suggestions de sorties des employés aux réceptions d’hôtel. C’est la formule idéale pour se ramasser tout droit – sans détours – dans une situation fâcheuse ou embarrassante. (Voir Avertissement ici-bas).
14. Sous-estimer ses moyens en tant que négociateur. Marisse 10. Marion -4. Presque tout est propice aux négociations, genre chauffeurs, taxi-motos, artisanat. Il faut s’armer de patience et jouer le jeu. Certains acheteurs préfèrent avoir l’air indifférent, d’autres sortent la carte Zanmi’m. Reste à vous d’adapter, de personnaliser vos techniques. Et Que le meilleur gagne!

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Voici aussi quelques avertissements de #2fillesauKanaval, car un voyageur en Haïti averti ben il est averti:

Avertissement léger: Inutile de se coiffer avant de sortir si vous y aller en taxi-moto. Vents: 1 Brushing des Caraïbes: 0.

Ne pas argumenter avec la police nationale pour entrer dans un strip-club. Même si vous voulez à tout prix danser du Kompa pour souligner votre dernière soirée en Haïti.

Ne pas amener d’armes à feu au salon de coiffure.

Ne pas nourrir les chiens.


Palmarès – version censurée Bonus:
5 questions de vacances auxquelles il nous est tout simplement impossible de répondre ce que vous voulez entendre:

  1. Pis, y’a ti fait beau?

Je sais pas. Le temps n’avait aucun effet sur moi. J’imagine que c’était parfait.

  1. Vous avez fait quoi comme activité?

On a mangé, dormi, on s’est mis cute, on a vu des amis, on est allé au salon de coiffure, on a fait du taxi-moto en masse, on a visité quelques quartiers disons moins touristiques. On a surtout ri.

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  1. Es-tu tombée en amour? ou as-tu rencontré quelqu’un?

  1. Tu es revenue quand? ou tu es partie pour combien de temps?

Heu… Je te laisse savoir quand je serai revenue.

  1. Avez-vous été malades?

‘’Si vieillir c’est guérir, je suis malade’’ – (Mwen malad Yo, Muzion, 2002)


Mesi Luck!
Pis tant qu’à faire un billet Mea Culpa, #2fillesauKanaval doit aussi des excuses à Luck Mervil. Mesi anpil Luck pour tes précieux conseils afin de passer un agréable Kanaval que tu nous as gentiment fournis quand on t’a croisé à RAM à l’Hôtel Oloffson de Port-au-Prince la soirée de notre arrivée. Et euh surtout désolé de ne pas les avoir tous suivi à la lettre…
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Conseil de Luck #1
– Porter des espadrilles – #2fillesauKanaval n’avait que des gougounes, des ballerines, et tit-talons de fefille dans leurs valises. (Note de Marion : en toute connaissance de cause…)
Conseil de Luck #2– Ne pas trainer d’argent sur vous – Si on oublie la valeur d’un iPhone 5s débloqué, #2fillesauKanaval a plus ou moins suivi ce conseil, à quelques dollars haïtiens près.
Conseil de Luck #3– Au besoin, demander l’aide aux gens. Les Haïtiens se feront un plaisir de vous aider! – #faitvécu pour #2fillesauKanaval. Mesi anpil à ceux qu’on a croisés sur notre chemin cahoteux.
Conseil de Luck #4– Amusez-vous! – Oh ça il n’y a pas de doute, #2fillesauKanaval s’est bien amusé!!  Dans la foule et sur le stand le plus sécuritaire du Kanaval…

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Traumatismes Post-Voyage – La vie après #2fillesauKanaval
Revient-on vraiment d’Haïti ? À cette question qui tue,  #2fillesauKanaval répondra que non.

Marion: Une fois qu’on attrape la piqure de la mouche tsé-tsé haïtienne, il est difficile d’en guérir (Hein Marisse?). À peine sorties de l’avion, déneigeant la voiture dans le Park&Fly, #2fillesauKanaval rêvait déjà d’y retourner. Et la beauté des médias sociaux et des textos fait en sorte que même après notre retour en terre canadienne, #2fillesauKanaval reçoit des parcelles d’Ayiti Cherie dans la face au quotidien. Et que quelques jours après être rentrées, Isaac, notre chauffeur de taxi-moto à Port-au-Prince, nous textait pour nous offrir ses services pour la journée afin de nous accompagner dans nos courses… Dans ces circonstances, vous comprenez que ce n’est pas évident de reprendre la routine métro-boulot-dodo, sur le beat ottawaien ou montréalais.

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Marisse: On ne revient pas d’Haïti! (Et la référence à la piqure de mouche n’est qu’une métaphore, maman. Je vais bien, je te le jure!) La vie extérieure après est la même: Ima Chérie, dodo, boulot, famille, amis… La froideur, l’individualisme, la rigidité et l’ordre propres à notre société sautent aux yeux.  Les ennuis, questionnements et épreuves propres à notre vie personnelle restent les mêmes.  En Haïti, le cœur (champion en titre) a dû valser (ou zouker) avec ma raison (toujours aspirant). Le résultat: l’instinct. Il n’avait jamais été indispensable avant. Maintenant j’y carbure; j’ai un peu l’impression d’être en voyage même à Montréal. Ça fait près de 2 mois que j’ai quitté Haïti (c’est bien ce qu’indique mes relevés MasterCard et Visa du moins) et par le biais des gens à qui nous avons fait confiance j’ai toujours l’impression d’y être. Que l’avion se pose à YUL ou à YOW, on ne revient pas d’Haïti, on la recroise partout où on va…

 

Et vous? Comment gérez-vous vos symptômes post-voyage lorsque vous rentrez d’Haïti? Des trucs à suggérer pour faciliter le retour au train-train quotidien de#2fillesauKanaval? (Autre que celui de noyer son Haitian blues dans le rhum punch… been there done that!)

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Ps. Pour le vif du sujet, la suite des détails croustillants des (més)aventures de #2fillesauKanaval, stay tuned! 😉 La période de désir pour vous et de décantation pour #2fillesauKanaval se poursuit!

 

Et c’est signé: #2fillesauKanaval qui meurent d’envie de retourner à la Perle des Antilles. À quand le prochain séjour?

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Coup de coeur haïtien

Dimanche matin ottawaien sous la neige. 9h30. Dernier album de Carimi dans les oreilles. Griot et riz djon djon dans mon assiette (Prière de ne pas me juger – il n’y a pas d’heures pour savourer un délicieux griot maison). Contexte idéal pour écrire un billet sur Haïti et me téléporter virtuellement au mois d’août dernier, verre de crémasse en main! (Prière de ne pas me juger – il n’y a pas d’heures pour savourer un délicieux crémasse maison).

J’en ai déjà fait mention dans quelques billets et publications Facebook/Twitter antérieurs: un de mes coups de cœur lors de mon séjour à Ayiti Cherie est définitivement l’Hôtel Boutique Habitation Jouissant, perché dans la montagne dans un décor enchanteur et avec une vue splendide sur le Cap Haïtien. J’en avait fait la découverte sur Twitter et également mesi anpil à @MartineMontreal de m’avoir recommandé d’y séjourner.

Habitation Jouissant a actuellement une dizaine de chambres, chacune joliment baptisée avec un nom de fleur, tel que Marguerite ou Rose rouge. Certaines avec balcon et offrant une vue sur la mer. Quoi de mieux pour relaxer après de longues journées de travail ou à jouer au touriste. La chambre, décorée de bon goût, offre tout ce qu’on a besoin pour apprécier la vie d’hôtel et le lit est d’un grand confort. Je peux d’ailleurs comprendre que plusieurs y font leur nid pour quelques semaines, et même quelques mois! Moi-même j’ai déjà hâte d’y retourner!
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Et quel service accueillant et personnalisé par Florence et toute son équipe! HabJo est véritablement Home away from Home! Et ce, dès l’instant où on y met les pieds. Je me souviens encore de Madame Florence toute souriante et m’accueillant les bras ouverts à la réception ‘’Oh Madam Marion, Welcome to HabJo!!!’’. Une fois les valises déposées, j’en ai profité pour déguster le Cocktail de bienvenue les pieds dans la piscine. Ouff! mon séjour de détente venait de commencer!
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Ma face de fille en vacances:
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Plaisante routine matinale
Chaque matin, je prenais mon copieux petit déjeuner sur la terrasse ensoleillée, assise à l’une des nombreuses et éclectiques tables mises à la disposition des clients. Moment idéal pour une séance de Facetime avec les parents – histoire de leur montrer que leur grande fille se la coulait douce à la Perle des Antilles! Réginald (milles excuses si je n’ai pas la bonne orthographe!), toujours souriant, m’apportait une assiette de fruits frais (*quand il y en avait), mon jus de Chadèque (pamplemousse), mon spaghetti ou omelette haïtien, selon mon envie matinale du jour, et se chargeait même avec plezi de me donner un petit cours en créole (Mwen bezoin pratike anpil anpil!). Agréable façon de commencer sa journée vous dites?
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Menu du Chef
La carte du restaurant offre des choix intéressants à saveurs haïtiennes, incluant griot, cabrit, lambi et alouette. Un soir, je me suis laissée tenter par La Langouste. Oh! Probablement la meilleure que j’ai mangée. Grillée et assaisonnée à la perfection. Quel délice! Encore tous mes compliments au Chef!
*Note: D’après ce que j’ai vu récemment sur leur page Facebook, il semble que le restaurant a agrandi pour accueillir davantage de clients – en fait c’est un nouveau resto Basilik!. J’ai bien hâte de voir ça lors de ma prochaine escapade au Cap.

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Lime Bar
Chaque jeudi, le Lime Bar du HabJo organise un 5 à 7. Cheveux dans le vent sous la petite brise de mer nocturne, cocktail en main, on profite alors du moment en jasant avec les autres clients et visiteurs de la soirée, sous les mixes du Dj invité. Et petit bonus: La African Queen en moi était ravie quand le Dj a fait jouer quelques chansons de P-Square, mon groupe fétiche du Nigéria.

It’s Prestige-O-Clock!
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Piscine – ma complice de fin d’après-midi
Chaque jour en fin de journée, après avoir passé des heures à explorer le Cap et ses attraits, une séance de baignade était prescrite. Détente rafraîchissante absolue. Particulièrement après ma participation à la célébration Vaudou à Limonade-Bord-de-mer. Une prestige byen glace ou un rhum punch en main, on reprenait des forces pour la partie 2 de la journée, soit restaurant, ballade sur le Boulevard du Cap, et/ou séance de trémoussage sur un plancher de danse.
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Festival de la mer du Cap Haïtien – HabJo y participait!
Lors du weekend du Festival de la mer, 2ième édition qui avait lieu du 9 au 11 août, les passants sur le Boulevard du Cap ont également eu la possibilité de savourer quelques plats concoctés par le Chef du HabJo et son équipe en cuisine. Pour l’occasion, une section du Boulevard était barrée et transformée en rue piétonnière où plusieurs commerçants du coin exposaient leurs spécialités. Bouffe, musique & plaisirs haïtiens étaient à l’honneur tout au long du Festival!

Tropicana en plein air – Fin de concert en privé
Comme je le racontais dans mon billet sur les célébrations entourant les 50 ans de Tropicana, vers les petites heures du matin, le soir de leur concert en plein air à Place D’armes où des milliers de gens s’y étaient rassemblés pour zouker sous les rythmes de cette orchestre haïtienne mythique, la police a tiré quelques coups de feu dans la foule pour calmer les ardeurs des esprits échauffés et disperser les groupes. J’ai pris ça comme mon cue pour rentrer, un peu déçue de manquer les dernières chansons. Hop! en taxi-moto vers Habitation Jouissant. Voilà alors que ma soirée n’était pas finie. Tropicana m’avait réservé une autre surprise! En direct de la terrasse de l’hôtel, perché dans la montagne et offrant une superbe vue nocturne sur la ville et la scène et Place D’armes éclairées, j’entendais jouer les notes des dernières chansons, en sécurité et dans le confort de HabJo!
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Alors, si vous passez au Cap, faites-vous plaisir et aller visiter Habitation Jouissant, pour une fin de semaine, une langouste grillée ou encore un cocktail au Lime Bar! On s’y croisera peut-être la prochaine fois! 😉

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Bon Fet Tropic! 50 ans!

Récemment de passage à Montréal, les membres de l’Orchestre Tropicana d’Haïti ont été accueillis à l’hôtel de ville par Denis Coderre, nouveau maire de Montréal, et Diane De Courcy, ministre de l’Immigration, Culture et de la Charte de la langue française du Canada, pour la signature du livre d’or, et ont également reçu une plaque d’honneur du Consulat Général d’Haïti à Montréal, commémorant leur 50 ans de carrière et soulignant l’immense fierté de la communauté haïtienne envers cet Orchestre mythique au cœur du patrimoine culturel et musical haïtien.

Son 50ième anniversaire a également été célébré à Ottawa lors du Gala Tropicana organisé par le Comité 50e Tropic et le Club de soccer Les Bolides d’Ottawa, au grand bonheur des haïtiens et autres fanatik ayiti de la région. J’aurais bien aimé être de la partie d’ailleurs, mais faute d’avoir un charmant cavalier – payer près de 100$ pour rester assise sur le bout de ma chaise en me dandinant et tapant du pied ne m’excitant guère -, je me suis cette fois-ci abstenue. Surtout que lors de mon séjour au Cap Haïtien en août dernier, j’avais eu la chance et l’honneur d’assister à leur concert gratuit donné en plein air à Place d’Armes, lançant les célébrations de leur 50 ans là où tout a commencé. Alors ce souvenir estival me console, car j’avoue que je surfe encore sur cette vague!

En effet, lors de mes vacances au Cap Haïtien, ce concert clôturait une autre mémorable journée à l’haïtienne, où j’avais entre autres magasiné pèse-bananes & épices au Marché de fer et erré dans les rues de la ville sous la pluie, en y croisant une dame qui vendait du Royal, délicieux mamba étalé sur un morceau de kassav que j’avais savouré avec une bonne prestige byen glace tout en me baladant à la place d’artisanat tout près de Feu Vert, et suivi de bâtons de cannes à sucre fraîchement coupés que j’avais engloutis comme dessert en regardant un match de foot local, sous le regard amusé des partisans!

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Depuis quelques jours déjà, l’ambiance était à la fête dans les rues du Cap. De nombreuses banderoles blanches et bleues souhaitant un joyeux 50ième anniversaire à Tropicana étaient accrochées partout dans la ville. Les mélodies provenant d’un des 32 albums de l’Orchestre jouaient à tue-tête dans les maisons et les taptaps. Il y avait aussi beaucoup de va et vient au Club Tropicana, là où le 15 août avait aussi lieu le Bal Tropic.

Quelques heures avant que l’Orchestre monte sur scène, de nombreux marchands avaient déjà installé leur stand de boissons, cubes maggi, bijoux et autres à la Place d’Armes, alors que les organisateurs s’afféraient aux derniers préparatifs – incluant l’assemblage de la scène, et que plusieurs admirateurs avaient déjà pris place afin de s’assurer une vue privilégiée parmi les milliers de gens qui allaient assister à la prestation de leur groupe fétiche. Tous étaient impatients, moi y compris.

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Pour l’occasion, j’avais même sorti ma tite camisole en paillettes! Quelle joie d’entendre les premières notes de Tropic en se frayant un chemin parmi la foule déjà excitée. Quelle ambiance à la Place d’Armes! C’tait chaud! Imaginez des milliers de personnes de tous âges, entassées, se balançant, dansant aux rythmes de cet Orchestre légendaire! Comme une immense piscine à vague humaine. Sourire aux lèvres, cœur léger, je dansais moi aussi. (Petite note: disons que ce séjour m’a permis d’affronter ma gêne des dancefloors. Si j’avais passé le chapeau à chaque fois qu’on me regardait danser avec un tit sourire (ou carrément l’envie de rire) lors des soirées musicales haïtiennes où j’ai participé, j’aurais certainement financé ma prochaine escapade en Haïti…)

Seul bémol à ma soirée: à un moment donné, voulant voir de plus haut, nous sommes grimpés sur un des murets de pierre entourant un arbre. ERREUR! Je crois que j’ai pilé dans un nid de fourmis en gougounes, et résultat: 30 minutes à avoir les pieds en feu et essayer de calmer les brûlures et picotements en les arrosant et sautillant – tenter après ça d’expliquer que ‘’ne-non c’est pas comme ça que je danse!’’ aux gens autour qui regardaient un peu perplexes!. Disons que ça m’a un peu coupé mon fun, mais la joie est vite revenue avec une prestige byen glace, des feux d’artifice, et l’énergie contagieuse de Tropicana et la foule.

Qui dit rassemblements en Haïti, dit souvent… Alors que les esprits étaient bien échauffés, certains commençaient à se bousculer. Vers les petites heures du matin, la police a tiré quelques coups de feu dans la foule pour calmer les ardeurs et disperser les groupes. Certains habitués m’ont dit qu’ils voyaient ça comme la finale du concert, et je cite ‘’l’atteinte de l’orgasme musical’’. D’autres m’ont plutôt confié que cela leur faisait peur car ça excitait encore plus la foule. Moi, je penchais un peu plus vers la 2ième version, surtout après qu’une bagarre ait éclatée près de nous. J’ai pris ça comme mon cue pour rentrer, un peu déçue de manquer les dernières chansons. Hop! en taxi-moto vers Habitation Jouissant, charmant endroit où je logeais au Cap. Voilà alors que ma soirée n’était pas finie. Tropicana m’avait réservé une autre surprise! En direct de la terrasse de l’hôtel, perchée dans la montagne et offrant une superbe vue nocturne sur la ville et la scène et Place D’armes éclairées, j’entendais jouer les notes des dernières chansons.

Cette nuit-là, je me suis donc endormie vaguant sous les airs de l’Orchestre Tropicana, et songeant aux propos d’un sage ami haïtien qui m’avait prévenu que j’allais tellement vivre une expérience intense au concert en plein air, que probablement j’aurais pas besoin d’aller au Bal. Il avait raison, j’étais si satisfaite et heureuse de ma soirée que j’ai longtemps planné en me remémorant les points forts de ma soirée du 13 août dernier.

Bon fet Tropic! Quel plaisir d’avoir pu célébrer avec vous vos 50 ans de carrière! À bientôt! 🙂

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La traversée du Morne Pilboro en route vers le Cap Haïtien

Cap sur Okap!
Après quelques jours à me prélasser sur la Côte des Arcadins, j’étais reposée, un peu bronzée, et prête à poursuivre ma découverte d’Haïti. Un ami ayant loué une voiture à Port-au-Prince me pris donc sur la route en direction du Cap Haïtien. Avec un petit clin d’œil, il m’avertit que le trajet devrait nous prendre environ trois heures et que ce n’était pas toujours de tout repos. Idéalement, il fallait donc traverser les montagnes avant le coucher du soleil.

Selon Google Maps, cet itinéraire de 176 km prend deux heures et demie à parcourir (252 km de Port-au-Prince, durée: 3h32), mais en réalité, avec les conditions de la route, dépendamment du trafic et des imprévus à l’Haïtienne, cela peut prendre jusqu’à cinq heures, et même parfois plus. Alors soyez patients et prêts à tout lors de cette aventure!

Roadtrip
Nous voilà donc sur la Route Nationale #1, konpa haïtien dans le piton pour se mettre dans l’ambiance, puisque JBeatz et ses musiciens nous attendent au Cap le soir même.

En chemin, on y croise quelques communes dont Saint-Marc et Gonaïves, ville qui sera l’hôte du Carnaval de février 2014, et donc ma prochaine destination pour les vacances hivernales – si Dieu veut!

Pour casser la croûte et se dégourdir, nous sommes arrêtés au Village d’Ennery, un nouveau complexe hôtelier qui se trouve à l’entrée de la ville d’Ennery, département de l’Artibonite, à environ 30 km de Gonaïves, et au pied du Morne Pilboro. Cet endroit vaut certainement la visite, entre autres pour ses murales d’art et ses installations modernes dans un décor attrayant. J’y ai mangé mon premier griot live en Haïti. Dé-li-cieux! Bien heureuse que mon compagnon de route ait déniché cet endroit par hasard en fouillant sur les Internets, car j’dois avouer que c’est un secret bien gardé d’Ennery!
Village d'Ennery

La traversée du Morne Pilboro
Le ventre bien rempli, nous sommes prêts pour attaquer le reste du trajet, et surtout, la traversée du Morne Pilboro, voie réputée d’Haïti. Mes centaines de photos et quelques vidéos prises durant cette montée et descente ne rendent pas justice au paysage à couper le souffle qui se dévoilait devant nous, ou plutôt tout autour de nous. Je me sentais si petite dans la voiture. Littéralement entre falaise et ravin, baignant au cœur d’Haïti qui porte bien son nom de « terre montagneuse ».

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Plus nous avancions, plus j’avais des palpitations, peut-être en raison de l’altitude, mais surtout à cause de l’excitation provoquée par la route si étroite, escarpée et pleine d’obstacles. Chaque nouvelle courbe amenait son lot de surprises, et je retenais mon souffle, à l’affût du prochain virage. À quelques reprises, je me surprenais même à m’imaginer dans une des fameuses scènes de course folle d’un film d’action – il manquait juste le méchant à ma poursuite!

La fenêtre baissée, le konpa dans les oreilles, les cheveux dans le vent, respirant l’air si pur, j’admirais le paysage montagneux et si vert qui se dessinait devant nous – une vraie carte postale!

Un des moments inoubliables de cette aventure est sans aucun doute lorsqu’à mi-montée, nous avons croisé un gros camion de livraison… Prestige! Céder le passage à ce camion en pleine ascension du Morne Pilboro… Avouez qu’il n’y a pas de circonstance plus haïtienne que ça! (Petit détour: j’aurais bien aimé que le chauffeur arrête et nous offre une bonne Prestige byen glace, j’en aurais eu grandement besoin!)

Chapeau à mon Chauffeur qui a zigzagué au volant avec brio! La technique de prendre un virage serré avait tout son sens. Faut préciser aussi que la voiture était manuelle, ce qui rendait la tâche encore plus complexe. Disons que j’en connais certains qui auraient eu besoin de parfaire leurs techniques de conduite avant de s’aventurer sur cette voie dangereuse!

Je décerne la 2ième étoile du match à Daihatsu Terios, la voiture de location qui nous a amené à destination en un seul morceau, sans crevaison, ni panne, ou autres fâcheux bris mécaniques. Nous avons été chanceux, contrairement à d’autres que nous avons dépassés sur le chemin.

La 3ième étoile va aux chèvres rencontrées sur notre passage qui se baladent aisément si près du ravin sans se soucier qu’elles pourraient dégringoler…

Visiblement, comme dans plusieurs autres cas, Google Maps ne prend pas en considération le contexte réel de cette traversée! Et il faudrait peut-être aussi que Google Street View vienne filmer cette ballade – histoire de mettre à jour leurs données!

2 Pilboro

Une fois rendus au sommet, Hop! on redescend. La descente est tout aussi complexe. Dire que des gens font cette route chaque jour! Braaavo! En bord de route, on croise de nombreux marchands, enfants gambadant, cordes à linges Haitian Style, et plus encore. Et côté signalisation, il y a toujours un grand panneau rouge Digicel pour nous souhaiter la bienvenue à l’entrée d’une nouvelle commune.

Premières impressions du Cap
Quelques heures plus tard, nous voilà enfin arrivés à Babiole, un quartier pas trop loin de la ville du Cap. J’y ai passé ma première nuit à l’Haïtienne, avant de me rendre le lendemain à Habitation Jouissant, Hôtel Boutique perchée dans la montagne avec une vue splendide sur le Cap, définitivement un de mes coups de cœur de mon séjour en Haïti.

Complètement crevés, mon gentil chauffeur m’a tout de même amené pour une visite éclair du Cap et boire une Prestige byen glace – et oh si bien méritée – au Kokiyaj Market Bar & Grill, un des endroits sympas à fréquenter sur le Boulevard, avant d’aller se trémousser à Feu Vert pour le Bal de JBeatz. Note au lecteur: Pas besoin de vous dire qu’après seulement quelques pas de danse, M. le Chauffeur dormait déjà sur sa chaise, épuisé! (photo disponible sur demande! 😉 )
Prestige Kokiaj

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Aller simple ou Aller-retour?
Pour conclure, j’ai adorrré cette traversée! C’tait si intense! Je vous le recommande fortement, ne serait-ce que pour le paysage et l’air frais montagneux. Mais pour le retour, je prends l’avion, en 30 minutes on débarque à Port-au-Prince!

Autres options de transport entre Port-au-Prince et Cap Haïtien:
À noter que pour moins de 20$ US l’aller simple, il y a quelques départs quotidiens en mini-autobus climatisées de Port-au-Prince au Cap Haïtien (ou vice-versa), et le trajet prend environ sept heures. Sans Souci Tours est une des compagnies offrant ce service.

Pour 100$ US, j’ai pris un aller simple avec Tortug’air. Quelques départs quotidiens sont disponibles. Sunrise Airways offre également des vols entre Port-au-Prince et Cap Haïtien. Petit bonus: semble-t-il qu’à l’arrivée au Cap en avion on a une superbe vue sur la Citadelle. Vous m’en redonnerez des nouvelles!

Alors, après une journée forte en sensations et une bonne nuit de sommeil dans la maison de Babiole, l’aventure se poursuit, à la découverte des richesses du Cap! À Suivre…

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De retour?

Déjà plus d’une semaine que je suis rentrée de la Perle des Antilles – en fait que mon corps et ma valise extra lourde sont revenus… puisque ma tête et mon coeur se balladent encore aisément en Ayiti Cherie! Je rapporte plus de 1945 photos pour me remémorer chaque instant, ou presque, de ces 17 jours à explorer Port-au-Prince, la Côte des Arcadins et principalement les richesses culturelles et historiques de Cap-Haïtien.

Pardonnez-moi si je n’ai pas donné de mes nouvelles sur Adaobi Savannah en direct d’Haïti, mais afin de surfer sur ma vague haïtienne un peu plus longtemps, j’ai eu envie de vous partager mes impressions et coups de coeur de ce premier séjour qu’à mon retour. Et là-bas, j’ai préféré vivre le moment présent et j’ai peu écrit – autres que quelques tweets et statuts facebook pour faire signe à ma mère que j’étais bel et bien en vie et quelques photos pour pavaner ma face de fille en vacances!

Je ne sais pas trop par où commencer! Je vous raconte quoi? Ma traversée du Morne Pilboro entre falaises et ravins? Mon après-midi à danser à la cérémonie de Vaudou en bord de mer? Ma soirée en plein air avec l’Orchestre Tropicana pour célébrer leur 50 ans à Place d’Armes? Le meilleur lambi grillé que j’ai mangé durant mon séjour au Cap? Disons que j’ai encore la tête et le cœur qui bourdonnent d’images et d’émotions un peu pêle-mêle!

Laissez-moi donc baptiser mon pèse-bananes déniché au Marché de Fer du Cap pour débrouiller et jeter mes idées-pesées sur papier, et d’ici quelques jours j’vous reviens avec des billets sur mes aventures haïtiennes!

En attendant, pour vous mettre dans l’ambiance, écoutez cette magnifique chanson – Ayiti se de @Mikaben qui décrit si bien ce pays cheri, jolies images incluses. (Pas besoin de vous dire que cette tune-là joue en boucle depuis quelques jours… ne-non la fille n’est pas nostalgique pantoute! Et vive les post-voyages d’Adaobi…)

Paroles de Ayiti se de Mikaben:

Ayiti se bèl lanmè se bèl montay ak bèl rivyè
Se bèl plaj ak pye kokoye bèl peyizaj ak bèl koulè
Ayiti se sant kafe kap monte nan nen m’ le maten
Se sant lawouze ki fèk poze pou flè dizè ka boujonnen
Ayiti se Basen Ble Kaskad Pichon avèk Sodo
Se Akaden La Sitadèl se Labadi ak Marigo
Ayiti se Lavale se Pòsali ak Zabriko
Se Mòn Lasèl Pik Makaya se Mamlad ak Mòn Pilbowo

Haiti is a pretty sea, a stunning mountain with beautiful rivers
It’s pretty beaches with coconut trees, lovely landscapes with bright colors
Haiti is the aroma of coffee that goes up my nostrils at dawn
It’s the scent of dew drops that’s set for the budding flowers of 10 o’clock of the morning
Haiti is Basin Blue, the Pichon waterfalls along with Saut D’eau
It’s the Arcadins isles, the Citadelle castle, it’s Labadie and Marigot
Haiti is La Valée, Macaya’s Peak, Marmelade and Pilboreau mountains

Ayiti se yon dous makòs se yon ponyen pistach griye
S’on ji kole ki pou banm fòs s’on boutèy kola ki byen glase
Ayiti s’on bon griyo s’on bon fritay on bon taso
S’on bon legim avèk sirik s’on bon diri avek lalo
Ayiti s’on bon bouyon s’on soup joumou a tout piman
S’on bon kasav avèk manba
Ke ou tranpe nan akasan
Ayiti s’on bon donmbwèy kap marinen nan yon bon sòs pwa
S’on bwakochon on bon kleren Ayiti s’on bon kafe diswa

Haiti is a sweet and enticing home-made candy bar, it’s a handful of grilled peanuts
It’s a creamy smoothie that gives energy, it’s an enticing bottle of ice cola
Haiti is some appetizing fried pork, it’s a delicious fritter, some tasty fried goat
It’s a delicious vegetable stew laden with crabs, it’s flavorful rice with country greens
Haiti is a scrumptious broth, a pumpkin soup well-seasoned with bell peppers
It’s mouthwatering cassava with peanut butter
That you dip in a corn shake
Haiti is a dumpling that’s soaking in a bean dip
It’s pig woods, some good liquor
Haiti is the divine coffee that you drink at night

[Chorus]
Ayiti cheri pou jan mwen renmen w
Mwen vin depoze ti kè mwen nan men w
Ayiti cheri pou jan m’adore w
Pa gen anyen kap janm fè mwen kite w
Ayiti cheri pou jan mwen renmen w
Mwen vin depoze ti kè mwen nan men w
Ayiti cheri pou jan m’adore w
Pa gen anyen kap janm fè mwen kite w

Haiti baby, as much as I love you
I’ve come to put my heart in your hands
Haiti baby, as much as I adore you
Nothing will let me let go of you
Haiti baby, as much as I love you
I’ve come to put my heart in your hands
Haiti baby, as much as I adore you
Nothing will let me let go of you

Ayiti s’on bèl mizik se yon bann a pye s’on twoubadou
S’on son kata seremoni, se yon son kwachi yon son tanbou
Ayiti se tè Ogou, se tè zansèt kite pou nou
Se la lesklavaj t’aboli se yon tè libète ak vodou
Ayiti se festival se tisourit se fèt chanpèt
S’animasyon nan Kanaval se yon ti zile k’ pa janm frèt
Ayiti s’on domino se yon bezig se yon twasèt
S’on reveyon kote ki gen bouyon se la k’ gen kenbe tèt

Haiti is pounding music, a street music band parade, a troubadour
It’s a ceremony, a calabash dish, and a drum
Ayiti is Ogou’s land, the land our ancestors left for us
It’s where slavery was abolished, it’s the land of the free and the land of Vodun
Haiti is festivals, it’s Little Mouse, it’s ritual dances of Chanpêtre
It’s dancing and fun at carnival, it’s a little island that never sleeps
Haiti is a game of dominoes, it’s a winning hand of dice and cards
It’s a Christmas Eve party with some good broth, that’s where you hold your head up

Ayiti se yon konbit peyizan kap sèkle latè
Se ti machann yo kap desann
Pou y’al goumen ak lavi chè
Ayiti se timoun yo k’ap reve de yon bèl avni
Se dlo rigòl la kap desann pa konn kote l pra-l ateri
Ayiti se anba tant lan depi apre 12 janvye
Se labou k’ lev’ on move sant chak lè on ti lapli fin tonbe
Ayiti se sou beton’an pou konn “la vrai” reyalite
Se youn ki tris men grasadye se pa li sèlman n’ ka chante

Haiti is a collective of farmers who get together to work the land
It’s the women street vendors descending down the city
To go fight the hard life head to head
Haiti is a little kid that’s dreaming of a bright future
It’s the dirty water from sewer streams that doesn’t quite know where it’s going
Haiti is being under the tent since January 12th
It’s mud on the levees that gives off a foul smell every time it rains
Haiti is the ground that doesn’t know true realities
It’s a sad one, but by God’s grace, it’s not the only one that we can sing

[Chorus]

Ayiti se yon manman ki konn sa yo rele doulè
On fanm ki djanm on fanm vanyan menm si l’ konnen li pa pafè
Ayiti se yon bèl fanm ki menmsi l pase anpil mizè
Li toujou f’on jan l ranje kò l pou tout pitit li toujou fyè
Ayiti se tout bagay sa a yo ki fè ke nou renmen w
E menm si wout la long konnen n’ap toujou la pou n kenbe men w
Ayiti cheri w mèt kwè m
Pa gen anyen k’ap fè m’kite-w
Map toujou la pou ou cheri
Kite mizik sa a dòlote-w

Haiti is a mother that doesn’t know the meaning of pain
Who stands strong and tall, who’s brave—even though she’s conscious that she’s far from perfect
Haiti is a beautiful woman who’s been through a whole lot
But who cleans up nicely so that her kids can walk with their heads up—proud
Haiti, it’s all these things that make us love you
Even if the road is long, I know that we’ll always be here to hold your hand
Haiti baby, believe you me
Nothing will ever make me leave you
Let this song right here serenade you

Creole lyrics and English translation taken from: Kreyolicious

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Dans ma valise, j’amène en Haïti…

Oh boy!
Pour ceux qui me connaissent, vous savez comment je n’arrive ja-mais à voyager léger (et pour les autres, ne vous inquiétez pas, vous le comprendrez assez vite!).
Petit détour: Cela me fait penser à la fois que j’ai dû prendre 3 taxi-motos pour traverser mes valises de la frontière terrestre du Bénin à celle du Nigéria… Traversée d’Onocha que je vous raconterai d’ailleurs prochainement!

***Mention spéciale à la fois où je suis partie pour 5 jours à Paris avec un simple petit carry-on de moins de 10kg… Au retour, j’ai même réussi à y faire fiter une nouvelle paire de souliers à talons hauts – que je n’ai toujours pas encore portée – 2 sacs longchamp – alors que je clamais être anti cette tendance – et même une bonne bouteille de vin – qu’on m’a confisquée à Toronto car bien sûr elle était dans mon petit carry-on de moins de 10kg vers Ottawa…

N’essayez même pas de me convaincre de l’efficacité des trucs de sacs ziploc, d’enlever l’air avec une paille, de roulage, alouette… J’ai essayé et sans succès.

Alors pour ces vacances estivales à la Perle des Antilles, je n’y ferai pas exception. Et ce, même si je me fais des listes de choses à apporter sur des tits post-its et que je fais des exercices de visualisation. Je suis vouée à trimbaler des valises lourdes. Voilà ma destinée. Tel l’escargot qui porte sa maison sur son dos.

La question qui tue: Ma liste de cossins pèse-t-elle 23kg? Je redoute tant le moment fatidique de la pesée… Oh je déteste le chiffre 23. J’en dors pas les nuits précédant mes départs. Et j’évalue mon plan d’action devant le comptoir d’enregistrement: Option 1) yeux de biche – Option 2) faire comme si de rien n’était.

Donc pour ce séjour, j’ai définitivement besoin de souliers de danse top confos! On s’entend tu-tu que c’est pas vrai que je vais aller en Haïti et que je ne zoukerai pas sous prétexte que j’ai mal aux pieds! Avis aux gens que je croiserai là-bas sur un dancefloor – vous pouvez me remettre cette affirmation dans la face si jamais j’ose refuser une danse! (Wink Wink Herold! ;))

Alors, pour le reste, et bien je fourre-tout dans ma valise: maillots, gougounes, fedova, foulard zébré, tites robes estivales, crème solaire, mon tit livre de poche Kreyol (que j’avais aussi amené pour mes vacances estivales l’an dernier aux Îles-de-la-Madeleine et qui étrangement ne m’avait pas vraiment servi), mon mini-iPad pour écrire dans la Savane d’Adaobi, ma caméra pour immortaliser mes aventures à l’haïtienne, mes sunglasses, (et oui maman, du Purell).

Tant que j’ai de la place pour ramener 1 bouteille de Rhum Barbancourt 5 étoiles – 15 ans, 1 bouteille de savoureux Cremas, et quelques œuvres d’art d’artistes haïtiens pour décorer mon nouveau chez-moi. On se croise les doigts sinon faudra alors que je fasse un tit peu de vaudou… et là ça implique que faudrait j’apporte aussi une chèvre et des poules – ce qui rajouterait un peu de poids dans ma valise…

Et vous, des trucs pour paqueter léger quand vous partez en escapade à la playa?

Songza Playlist: Tropicalidad pour paqueter ma valise sous le soleil

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Échantillon de ma valise. Trouvez l’erreur 😉

Épilogue
À la grande surprise de tous – la mienne y compris, j’ai fait ça comme une grande fille à l’allée vers Port-au-Prince avec un tit 20/23kg et un seul et léger carry on… Au retour par contre, ce fût une autre histoire… Ça m’a coûté 100$US pour un ‘’tout petit’’ 3kg extra (en plus de mes deux gros fourre-tout qui débordaient en cabine), et ce même si j’avais laissé là-bas près de 10kg en sucreries d’érable en les offrant aux mignons petits enfants croisés sur mon chemin et aux moins jeunes qui raffolaient tout autant de ces gâteries canadiennes. Mais bon, c’était pour une bonne cause, car je pouvais simplement pas me passer de mon mamba, de mes cubes Maggi à saveur djondjon, de mes petits sachets de djondjons, de mon café Rebo, de mon artisanat et autres délicatesses haïtiennes que j’ai ramenés en souvenir de mes premières aventures à la Perle des Antilles!

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Prochaine destination: Ayiti Cherie!

Baignant dans la culture haïtienne-ottawaienne, je rêve d’explorer la Perle des Antilles depuis quelques années déjà. Pour X raisons, je n’aurai finalement pas pu réaliser ce projet avant août 2013. D’ici 11 dodos donc (ou Prestiges bien froides, c’est selon!), je débarquerai enfin à Ayiti Cherie! J’ai siii hâte de découvrir cette île et de m’imprégner sur place de cette culture que je chérie tant! Sachant déjà que ce premier séjour ne sera pas mon dernier et prônant le slow tourism, mon itinéraire, étalé sur un peu plus de deux semaines, m’amènera à Port-au-Prince, sur la Côte des Arcadins et au Cap-Haïtien (Okap).

On the Fly
Je dois avouer que trouver un billet d’avion abordable n’a pas été aussi facile que je le croyais. Entre l’option non-alléchante d’un layover nocturne de 10 heures à Chicago et des prix de fou, j’ai dû revisiter mes plans et finalement, un peu dernière minute et avec quelques petites chaleurs, j’ai déniché, via le site de voyage en ligne Orbitz, un billet aller-retour avec départ de YOW à PAP via les États-Unis, pour quelques 975 dollars.
Je salue l’initiative d’Air Transat qui offre depuis janvier dernier des forfaits vacances avec départ de YUL à ceux qui désirent découvrir Haïti dans un certain encadrement. Option intéressante mais qui ne correspondait pas à ce que j’avais en tête pour ma première escapade en Haïti.

Autres sites de recherche de vols consultés: Expedia, Travelocity, Kayak.

Assistance Pré-départ
Étant en pleins préparatifs pré-voyage, Internet, Facebook et Twitter regorgent de ressources fort utiles à la planification de mon itinéraire. Que ce soit pour les recommandations de logement et restaurants, les endroits à visiter, les activités à ne pas manquer, les billets de voyageurs qui ont la cote tel que @technomade, les comptes Twitter de passionnés d’Haïti à l’affût de son actualité et de sa riche culture, même en direct de Montréal, tel que @Marikajeanty, les pages Facebook de promoteurs tel que Zoom sur Haïti et Haiti Tourism Inc., pour ne nommer que ceux-là, sont des sources incontournables à consulter. Il y a également les commentaires sur TripAdvisor, mais à visiter avec modération, car on y a tendance à déclasser l’endroit d’une étoile pour chaque petite coquerelle rencontrée. (Note au lecteur: c’est comme si un touriste chinois évaluait un endroit visité à Ottawa selon le nombre d’écureuils qu’il a croisé…)

Naturellement, je compte aussi sur les précieux conseils et les insides de mes amis haïtiens et canadiens qui ont déjà expérimenté Ayiti. Mention spéciale à @Raisa76 sur Twitter, haïtienne d’adoption, qui a justement eu la chance de vivre l’expérience Air Transat en février dernier et qui est une fervente amoureuse de la Perle des Antilles.

Logistiquesss
En sage voyageuse (on s’assagit avec le temps et avec la routine métro-boulot-dodo de bureaucrate j’imagine – je vous laisse en juger par vous-même en feuilletant mes chroniques à l’africaine qui suivront sous peu…) et en bonne citoyenne canadienne responsable que je suis, j’ai soumis mon itinéraire sur le site Inscription des Canadiens à l’étranger.

Quant à d’autres astuces de voyage, je recommande aussi de visiter Voyage.gc.ca, le site du gouvernement du Canada pour les Canadiens qui voyagent ou vivent à l’étranger et de lire leur brochure Voyager au féminin et autres publications. On y trouve une foule de renseignements utiles.

Côté santé des voyageurs, mes vaccins sont à jour (avantage de voyager en Chine pour le travail – allo la plogue!) et ma pharmacie portative est bourrée de tites pilules. Bon, c’est pas comme si cette fois-ci je partais en brousse africaine, ou à la chasse à la mouche tsé-tsé anyways. Et oui maman, je vais laver mes mains souvent et trimbaler du Purell dans ma tite sacoche.

Oh l’Attente
Alors maintenant, il me reste juste ma valise à faire – et refaire, et attendre, attendre ce fameux jour du départ. J’ai sii hâte de débarquer en Haïti! De rencontrer et jaser avec les Haïtiens, de manger du griot, du lambi, du riz djondjon, de boire un tit verre de barbancourt et de cremas, de danser sous les rythmes haïtiens, de me laisser bercer par les vagues de la mer, d’explorer ces paysages et ces attraits et plus encore! Plus de deux semaines à me la couler douce à la Perle des Antilles, j’aurais pas pu demander mieux pour mes vacances estivales 2013!

Dans 11 dodos, j’activerai mon message d’absence au boulot et je décrocherai!

Bon Vwayaj!

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En route vers l’accomplissement d’un de mes Cinq Grands Rêves de vie

Voilà plus de sept ans (déjà!) que je suis revenue de mes premiers pas sur le continent africain. Avec l’envie de partager l’expérience inoubliable que j’y ai vécue et aussi par crainte que mes souvenirs s’effacent avec le temps (j’ai une mémoire de poisson…), je souhaitais vivement immortaliser ces chroniques à l’africaine en y combinant ma passion pour l’écriture.

Le temps, les excuses ont défilé, mais les pages restaient blanches ou inachevées. J’ai d’ailleurs une boîte remplie de journaux intimes, de carnets de voyage, de calepins, de post-its, de bouts de napkin et alouette, entamés avec des bouts d’histoires, des mots coupés, mais toujours sans fin. Une collection d’artefacts que je traine depuis que je suis toute petite d’ailleurs! (On y trouve même un journal intime avec la seule mention: ‘’Cher journal, aujourd’hui je t’écris, même si tu as pas de nom, car j’aime Jonathane.’’ –  Ouff, j’avoue que ça m’a pris quelques efforts pour me souvenir que je parlais bien sûr de Jonathan des New Kids on The Block, et non du petit voisin au coin de la rue du Cantonnier…)

Alors après toutes ces années de disons zigounage, j’ai enfin écouté la tite voix en moi qui me murmurait ‘’ÉCRIS DONC’’. Et je me lance donc officiellement et pour de bon, du moins je l’espère, dans l’aventure de l’écriture de mes récits de voyage et autres items qui me passionnent. Je suis donc nouvelle propriétaire d’un domaine (pas celui avez des chevaux, mais celui virtuel qui me permettra dorénavant de jouer à la blogueuse).

Pourquoi aujourd’hui? Quel est l’élément déclencheur? Vais-je blâmer l’arrivée de ma trentaine? L’ablation de Michel/le ma vésicule biliaire? Je n’en suis pas certaine encore, j’imagine que c’est un amalgame de plusieurs facteurs. Mais une chose est sûre c’est que j’ai fait le grand saut et que je ne reculerai pas! 

C’est donc ici que j’ai décidé d’élire domaine et que j’ai envie de partager mes coups de cœur. 

 

Je remplierai ainsi ces pages et billets en style libre, majoritairement en français, parfois en espagnol ou anglais, et parfois même en kreyol ou igbo (dialecte nigérian). (Note au lecteur: il n’est pas question d’accommodement raisonnable ou de bilinguisme officiel ici, mais c’est simplement que ma réalité fait en sorte que je ne vis pas mon quotidien dans une seule langue.) 

 

En plus de partager mes récits de voyage, j’en profiterai également pour faire référence à des bouquins ou personnages qui m’ont inspirée, une chanson qui m’a faite danser, une citation qui m’a accrochée, une recette qui m’a fait saliver, un endroit sympa qui m’a allumée et toute autre découverte qui m’a charmée.

Avertissement: j’abuse parfois des parenthèses et des …, mais on s’habitue!

Un énorme merci à tous ceux et celles qui m’ont encouragé à me lancer dans cette aventure. Et surtout merci de votre patience et persuasion! 😉

Bienvenue dans la Savane d’Adaobi!

Au plaisir de vous y retrouver et d’échanger avec vous!

Queen Adaobi xxx

‘’On ne visite pas l’Afrique puis on en repart simplement. On fait partie de l’Afrique, et elle s’installe en permanence en soi’’ – John P. Strelecky, Le Safari de la vie

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